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Anthony THIERRY | 31/01/2011

Enfin reconnu ?

Il a déjà signé 8 victoires durant le meeting d’hiver d’obstacle de Pau. Plus de 240 succès à son palmarès, sans compter les 5 ou 6 glanés en plat. A 31 ans, Anthony Thierry attaque 2011 sur les chapeaux de roues.

Pourquoi, jockey ?

J’ai eu la chance de pouvoir goûter aux courses de poneys, à 10 ou 12 ans… En premier lieu, ce fut un loisir, puis c’est devenu une passion.

Ecole AFASEC ?

Non. Mes parents tenaient à ce que je poursuive mes études. J’ai obtenu mon Brevet des Collèges,  tout en devenant gentleman-rider.

Un peu le même itinéraire qu’un certain Christophe-Patrice Lemaire, non ?

D’autant plus que j’ai obtenu ma licence exactement en même temps que lui.

Via quelle formation ?

Je suis né à côté du Lion d’Angers, et je suis donc entré au Centre de Formation de Laval, durant 2 ans. Thierry Poché a été mon maître d’apprentissage.

Bonne école ?

Oui. Je n’étais pas spécialement lourd, mais je dépassais tout de même les poids « raisonnables », en plat. Je me suis tout de suite orienté vers l’obstacle. Je suis resté 2 ans, chez lui, y enregistrant une dizaine de gagnants.

Ensuite ?

Eric Leray, pendant six ans.

Et maintenant ?

Florent Monnier, à Senonnes-Pouancé. Je me suis d’ailleurs installé là-bas.

Mais vous « faîtes »  le meeting de Pau pour Jérôme Follain…

Oui. J’ai posé mes valises pour trois mois. Habituellement, Loïc Manceau faisait appel à moi, mais cela n’a pas été le cas, cette année.  Désormais, chaque entraîneur à ses « pilotes », ils arrivent en meeting avec armes et bagages. Ce n’est pas évident…

On vous voit rarement, à Paris…

Nous n’avons pas beaucoup de chevaux présentant les qualités pour y réussir. Toutefois, quand cela arrive, on fait appel à un jockey chevronné, à Auteuil ou Enghien.

Vous en sentez-vous frustré ?

Oui, bien sûr. Mais c’est normal, non pas que je me sente frustré, quoique, mais que les vedettes soient retenues… J’aimerais aussi être davantage sollicité. Mais je sais bien que chaque entraîneur a ses jockeys.

S’aligner au départ de courses de Groupe ?

Là encore, il faut « tomber » sur le cheval qui en a les capacités. Et quand bien même cela m’arriverait, il y a de fortes chances pour que l’on fasse appel à un « super » d’Auteuil. Mais, là encore, c’est normal.

Une victoire à dégager, parmi les 240 ?

La Grande Course de Haies de Pau, avec Villezia, pour Loïc Manceau. Et aussi une listed Race, à Enghien, avec Sable des Ongrais, pour Philippe Chemin.

Qu’aimez-vous, en dehors des chevaux et des courses ?

Mes parents ont des métiers « indépendants », mais, parallèlement, ils possèdent 40 hectares de terres, à côté du Lion d’Angers, où ils exploitent des céréales. Un coup de voiture, et j’y suis. J’adore être aux commandes du tracteur… Je me vide la tête. D’ailleurs, je ne suis pas du tout casanier, j’aime bricoler dehors, dès que j’en ai le loisir.

Marié ?

Non. Célibataire. Pas pur et dur, mais notre profession est difficile à concilier avec une vie de famille. Pas de jours fériés, pas de dimanches…

Des problèmes de poids ?

Non. Pour me mettre en selle à 63 ou 64 kilos, je fais attention, pas de cassoulet la veille ! Mais, j’ai de la chance, de ce côté-là. Pas de régime, pas de privations…

Des « bobos » ?

Comme nous tous. Je m’étais cassé la main avant le meeting de Pau. Précédemment, il y a eu la malléole, le tibia, le péroné, mais si tu n’acceptes pas de te casser le pied, avant d’embrasser cette carrière, ce n’est pas la peine de le glisser dans l’étrier.

L’association des Jockeys, OK ?

Ils se battent, mais le problème, c’est que nous ne sommes pas pris en charge comme d’autres, pas suffisamment reconnus. Laurent Gérard fait tout ce qu’il peut, mais j’ai tout de même l’impression que les jockeys d’obstacle sont les « parents » pauvres des jockeys de plat.

Des objectifs, pour 2011 ?

Un immédiat : le Grand Cross de Pau, avec Quick Baby, pour Jérôme Follain.

Comment définir le cross ?

Un autre sport. Je ne  vais pas dire que les haies et le steeple-chase, c’est facile, mais, là, cette discipline exige encore plus de concentration, le « pilotage » y est encore plus important. C’est plus difficile, donc plus prenant… Et c’est donc encore plus « le pied », avec le cheval dressé pour…

Quelques derniers mots ?

Pourquoi n’interviewez pas des lads ?  Une écurie, c’est toute une équipe. Si le lad est mauvais, le travail d’ensemble ne sera pas bon. Beaucoup d’entre eux mériteraient de s’exprimer.

Et encore ?

Une pensée pour Stéphane Juteau, qui s’est « bousillé » à Merano. Nous sommes tous des copains de « galères », pas celles du samedi soir, en discothèques. Et je me sens du même « moule » que lui.