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Morgan DELALANDE | 16/06/2010

La quatrième génération...

Il a déjà gagné 15 courses depuis le début de l’année. Des observateurs avertis voient en lui l’un des plus doués, sinon le plus doué, des apprentis. Morgan Delalande, 19 ans, est au service d’Alain de Royer Dupré, et il endosse déjà les plus prestigieuses casaques. Il faut dire que, chez les Delalande, la passion du cheval se transmet de pères en fils…

Avez-vous envisagé, un jour, de ne pas travailler dans le monde des courses ?

Jamais. J’ai toujours eu les chevaux dans la tête. J’ai grandi avec eux. Mon arrière-grand père, mon grand-père, Nicolas, mon père, Walter, qui a été jockey avant de s’établir, également, entraîneur, ont toujours été dans le métier. Et mon petit frère, Davy, est gentleman-rider.

De quelle région venez-vous ?

Je suis né dans la Sarthe, près de La Flèche, où mon père avait son écurie. Il est désormais installé en Loire-Atlantique, à Nort-sur-Erdre.

Avez-vous suivi les cours d’une école spécialisée ?

Je suis entré au CFA de Laval, et j’ai eu mon père pour maître d’apprentissage, pendant 3 ans.

Ensuite ?

Guy Chérel, pour qui j’avais monté en province, comme cela ne s’était pas mal passé,  a parlé de moi à Alain de Royer Dupré, qui cherchait un apprenti. Je suis chez lui depuis environ un an.

Quitter le cocon familial n’a pas été trop dur ?

Au début, si. Ma vie changeait complètement. Mais, petit à petit, je me suis adapté.

Mais vous ne vous mettez pas en selle que pour Alain de Royer Dupré. Ce lundi 14 juin, à Longchamp, vous avez gagné pour Jehan Bertran de Balanda, par exemple…

Mon agent, Nicolas Douïeb me trouve des montes intéressantes. C’est tellement plus facile, avec de bons chevaux Bien sûr, il faut leur donner le meilleur parcours possible, et ne pas faire d’erreurs, mais c’est tout de même bien plus simple. Et je mesure la chance que j’ai, tous les matins, de travailler pour un entraîneur comme Monsieur de Royer Dupré.

Vos loisirs ?

J’aime beaucoup le cinéma et le sport. Je cours, je joue au paint-ball avec une petite bande d’amis, des apprentis, comme moi, et des copains extérieurs à notre microcosme. J’apprécie aussi, de temps en temps, un bon restaurant. Mais, même si je peux monter à 51,5 kilos, il ne faut pas abuser, faire un peu attention.

Avez-vous un modèle ?

Sans hésiter, Christophe Soumillon.

Pourquoi ?

Pour tout. Sa position, sa hargne de vaincre, les défis qu’il se fixe et qu’il relève, comme ceux, ce mardi 15 juin, de débuter à Auteuil et, le soir, de driver en amateurs à Vincennes. C’est vraiment l’un des plus grands.

Vos objectifs, à plus ou moins long terme ?

Je totalise 55 succès. Atteindre les 70, en 2010, est dans le domaine du possible. Mais perdre ma décharge est un objectif sans en être un. Si je passe professionnel en fin d’année, avec l’hiver qui arrive derrière, ce n’est pas forcément une bonne chose. Flavien Prat a parfaitement négocié ce tournant. Fin 2009, il n’était qu’à quelques points de ce fameux passage. Il a préféré lever le pied, partir aux Etats-Unis pour découvrir d’autres méthodes, d’autres façons de travailler, d’autres tactiques, et il est revenu, sur de bons rails, début 2010. Il a d’ailleurs rapidement franchi le cap.

L’étranger vous tenterait aussi ?

Oui. J’aimerais bien goûter à d’autres approches de nos professions.

Quelles sont vos qualités ?

Ce n’est pas à moi de répondre. C’est une question piège. Je dirais cependant : mon sang-froid. Je crois que c’est très important, dans une épreuve.

Votre principal défaut ?

Mon caractère. Je suis rancunier. Mais je fais des efforts et j’ai l’impression que ça s’atténue un peu.

Votre rêve suprême ?

Gagner le Prix de l’Arc de Triomphe ou décrocher une Cravache d’Or serait évidemment le rêve suprême. Mais je ne peux même pas y penser, pour l’instant. Remporter une belle course à Paris, dans l’immédiat, serait déjà merveilleux…

Un message à faire passer ?

Je remercie mes parents, qui m’ont toujours soutenu, qui ont toujours cru en moi. Je sais que mon père est fier de moi, et j’en suis très heureux.