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Yoann BRIANT | 01/02/2010

L'itinéraire particulier de Yoann Briant

Mercredi 27 janvier, à Pau, il a signé son premier gagnant, avec Pomerieu Fougeray pour sa première monte sur l’hippodrome du Pont-Long. Le vendredi, pour son deuxième essai, il terminait deuxième, avec Jarador de Kerozen, toujours pour son patron, Eric Leray. Pourtant, malgré ses 23 ans, Yoann Briant n’est dans le milieu des courses que depuis 4 ans…

Comment êtes-vous arrivé dans le monde hippique ?

J’adore les chevaux, depuis tout petit. Je fréquentais régulièrement un poney-club et, comme l’école ne m’intéressait pas plus que cela, je me suis dit : autant essayer de vivre de ma passion.

Et, alors ?

Natif de Saumur, j’ai suivi des études à Châtellerault, où j’ai obtenu un BEP « Activités hippiques ». Ensuite, pour continuer dans ce domaine, la seule possibilité était un BAC Pro « Elevage équin ». Que j’ai décroché. Mais… je n’ai pas trouvé de travail…

La suite ?

J’ai pu me tourner vers la station des Haras Nationaux de Châteaubriant. Mais je voulais approcher l’entraînement et je suis parti à Senonnes-Pouancé avec mon CV pour principal bagage. J’ai frappé à plusieurs portes. Florent Monnier m’a ouvert la sienne, pour un remplacement d’un mois, seulement. Une fois mon contrat terminé, j’ai pu entrer au service d’Adrien Lacombe, qui provient de l’école « Macaire ». Chez lui, le jockey Richard Chatel m’a beaucoup appris, pour ne pas dire qu’il m’a formé. Aujourd’hui encore, il me prodigue ses précieux conseils. J’y suis resté deux ans.

Pourquoi être parti ?

Il y avait une place, chez Laurent Postic, à Maisons-Laffitte. J’ai pensé que c’était une belle occasion, et le moment, vu ma jeunesse, de tenter l’aventure « parisienne »…

Vous avez déchanté ?

Non. Mais, dans la capitale, le coût de la vie est plus élevé, et j’avoue aussi que mes proches et mes amis me manquaient. Douze mois plus tard, je retournais à Senonnes, et j’ai intégré l’écurie d’Eric Leray en août 2009.

Combien de montes, à ce jour ?

Une quarantaine. Mais je me mettrai deux fois en selle ce mardi 2 février, à Pau, et j’espère que mon patron continuera de m’accorder sa confiance.

Et que ressent-on, lors d’un premier succès ?

Super. Beaucoup de baume au cœur, une grande motivation pour la suite. Et, sur un plan plus intime, au moment où j’ai passé le poteau, j’ai eu une grosse pensée pour mon père, qui nous a quittés il y a dix ans, et qui, sans doute, aurait été fier de moi.

Vous êtes-vous orienté vers l’obstacle par goût, ou par nécessité ?

Les deux. Le travail du matin, en plat, est beaucoup plus répétitif. En obstacle, il y a davantage de boulot spécifique à chaque sauteur. Et puis, je mesure 1,73 mètre. Je peux monter à 60 kilos sans aucun régime. En plat, cela n’aurait pas été tout à fait pareil… Là, je mange ce que je veux.

Vous êtes gourmand ?

Plutôt, oui. Et une bonne petite « bouffe » entre copains, est l’un de mes plaisirs.

Ils doivent être comment, ces copains ?

Les vrais, on n’en a que très peu. Ceux qui sont « authentiques », francs, et avec qui la confiance mutuelle peut régner. Il suffit d’un coup du sort, par exemple, pour les reconnaître…

Une tenue vestimentaire préférée ?

Je me sens bien avec un beau jean, une chemise et une veste. Le costume cravate, ce n’est pas ma tasse de thé mais, quand il le faut, je n’hésite pas à en passer un.

Avez-vous d’autres passions que les courses ?

Le sport automobile, et plus particulièrement le rallye. Il m’arrive de me déplacer pour aller voir des pilotes, sur circuit et sur route.

Justement, en voiture, vous prenez-vous pour Fangio ?

Surtout pas ! Dans ce métier, on a trop besoin de son permis de conduire.

Vous adonnez-vous à d’autres sports ?

On doit être en forme, en permanence. La course à pied et la natation me plaisent.

Une personnalité vous impressionne-t-elle ?

Dans le sport mécanique, Sébastien Loeb, sans hésitations. Pour son mental, sa rage de vaincre extraordinaire, et sa faculté à rebondir, quand un petit truc ne va pas.

Et dans le monde des courses ?

Tous les jockeys ont une idole. Moi, ce n’est pas très original, c’est Christophe Pieux. Pour tout. Mais j’apprécie énormément les talents de David Berra.

Quelqu’un vous inspire-t-il un respect particulier ?

Je crois qu’il faut respecter tout le monde. Tout le monde mérite le respect. Mais, comme ça, à brûle pourpoint je ne vois pas trop…

Vous n’avez donc encore que peu goûté à la compétition. Avez-vous  déjà été victime de « pépins » ?

L’an dernier, une entorse du genou, un peu par ma faute, à l’entraînement. Et, à Nantes, je suis tombé à 50 mètres du poteau, à la lutte pour la deuxième place. Ma selle a tourné. L’adversaire qui nous suivait n’a pu m’éviter et m’a marché sur le thorax : quatre côtes cassées… Mais c’est le prix à payer, dans cette profession.

Quelque chose vous agace ?

Les ragots. Les « on-dit ». Les gens qui parlent « par derrière ».

Votre actualité ?

Continuer de plus en plus intensément et confirmer la « bonne passe » que je traverse actuellement. Après, on verra…