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Jérémy DA SILVA | 19/01/2010

Le grand espoir

Jean-Pierre Pelat a été son maître d’apprentissage, en plat. Le professionnel mansonnien a mis un terme à sa carrière et, parallèlement, Jérémy Da Silva, du haut de ses… 1,80 mètre (!), a rencontré des problèmes de poids et décidé de se consacrer à l’obstacle. Laurent Métais, qui l’avait engagé, a dû réduire son effectif, et le jeune Jérémy a rejoint l’écurie de Yannick Fouin, qui avait déjà fait appel à ses services. Résultats : un meeting d’hiver d’obstacle de Cagnes-sur-Mer étourdissant : 41 montes, 9 victoires et 15 places de deuxième ou troisième. A 19 ans, Jérémy termine tête de liste des jockeys, à l’image de son patron, chez les entraîneurs.
Cerise sur le gâteau : le 11 janvier, lors de la réunion de clôture de ce meeting azuréen, Jérémy, en selle sur Bahia Do Brazil, a enlevé le Prix Christian de L’Hermite, le Grand Steeple-Chase des 4 Ans, sa première listed Race…

Comment êtes-vous arrivé dans le monde des courses ?
Je suis né en France mais mes parents, portugais, sont retournés au pays lorsque j’avais un an. Mon père était entraîneur, du côté de Porto, et j’ai toujours baigné dans l’ambiance d’une écurie. Je n’ai jamais eu d’autre idée que de devenir jockey, avec un rêve : monter en compétition, ne serait-ce qu’une fois, en France. Les courses, au Portugal, ont commencé à décliner, et, à 14 ans, j’ai pu entrer à l’école du Moulin-à-Vent, à Gouvieux. Jean-Pierre Pelat m’a rapidement accordé sa confiance et m’a fait beaucoup monter en plat. Mais je n’arrêtais pas de grandir et, de ce fait, de prendre du poids…

Justement, votre taille vous gêne-t-elle, à cheval ?
Pas du tout. Je monte « très court », de par ma formation en plat, et mon équilibre s’est posé comme ça. Et il n’était pas question, pour moi, de « rallonger » mes étrivières parce que je passais à l’obstacle. L’essentiel, c’est de se sentir bien sur le cheval.

Les problèmes de poids perdurent-ils ?
Non. Je me suis stabilisé à 58 ou 59 kilos, sans aucun régime. Je mange à ma faim, de tout, à volonté.

Pas de petit plat préféré ?
Non, j’aime beaucoup de choses.

Et,… un cheval préféré ?
Ma pouliche de cœur : Bahia Do Brazil. Ensemble, nous avons gagné à cinq reprises, et nous restons sur quatre succès consécutifs. C’est vraiment « ma » jument…

Votre meilleur souvenir ?
Il est tout récent, et c’est Bahia qui me l’a offert, le 11 janvier : le Grand Steeple-Chase des 4 Ans de Cagnes-sur-Mer.

Un professionnel vous impressionne-t-il ?
Christophe Pieux. Il peut tomber à la dernière haie, alors qu’il a course gagnée, se relever sans avoir l’air de souffrir, alors que d’autres seraient restés à terre, et… gagner l’épreuve suivante !

Y a-t-il un lieu qui vous soit cher ?
Le Portugal, et la région de Porto. J’y ai passé toute mon enfance et j’y ai conservé de nombreux amis.

Vous habillez-vous « chic » ou « sport » ?
Normal… Un jean de ville avec des chaussures de ville… Propre, quoi. Cela dit, lors des grandes réunions de courses, je suis en « costume cravate »

Avez-vous le temps de vous adonner à quelque loisir ?
Episodiquement. Un peu de tout. J’aime beaucoup les sorties entre copains…et copines. Aller dîner au restaurant, boire un verre dans un bar sympa, faire un tour en discothèque – quand je n’ai pas d’engagements le lendemain ! – ou encore, suivant ce que nous décidons ensemble, aller au ciné, jouer au foot, une séance de karting, ou, aussi, de temps à autres, une descente à ski, dans les montagnes proches de Cagnes-sur-Mer.

Quelles qualités appréciez-vous, chez vos copains… et chez les autres, d’ailleurs ?
La franchise. Pouvoir tout se dire, ce qui exige une confiance mutuelle. Et une forme de fidélité va également de pair avec tout ça.

Y a-t-il quelque chose qui vous dérange ?
La pluie. J’en ai vraiment horreur. Peut-être parce que j’ai été élevé au soleil. Cela dit, dans ce métier, qu’il pleuve ou pas, il faut y aller. Alors, pas d’états d’âme…

Si vous n’aviez pas été jockey, qu’auriez-vous pu faire ?
Aucune idée. Je ne me suis jamais posé la question. Depuis tout petit, je n’ai jamais pensé à autre chose, jamais imaginé pouvoir exercer une autre profession… Et, aujourd’hui, je suis vraiment trop jeune pour songer à une reconversion !

Des projets à court terme ?
Je vais partir en vacances, au Portugal. Je n’y suis pas allé depuis trois ans, j’ai, outre des amis, de la famille, là-bas, et tous me manquent un peu… Mon patron m’a dit qu’il allait m’accorder des congés, je ne sais pas encore exactement quand, ni de quelle durée… Je pense partir une ou deux semaines…

L’actualité internationale qui vous a interpelé, récemment ?
Le séisme à Haïti, bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? Voir tous ces pauvres gens qui n’ont plus rien, sans parler des milliers de morts et de blessés. C’est affreux.