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Alexis LARUE | 08/09/2015

Le confident des cracks de l’écurie Gauvin

Son nom apparaît dans la colonne jockey régulièrement dans le sud-est, pourtant c’est en tant que cavalier d’entraînement de Siljan’s Saga qu’Alexis Larue se dévoile. Habitué au travail dans l’ombre, après Saônois et maintenant Siljan’s Saga, il révèle sa dévotion pour les chevaux.

Chaque matin, Alexis Larue se lève aux aurores près de Saint-Cyr-lès-Vignes, dans le centre de la France, pour préparer « la tornade » Siljan’s Saga, achetée 2500€ aux ventes. Alexis Larue, 29 ans, est un homme de cheval, mi-cavalier d’entraînement, mi-jockey, même s’il passe plus de temps à préparer les chevaux le matin qu’à les monter l’après-midi.

« Je suis habitué comme ça, et ça me convient. Mon patron sait aussi me faire confiance et me laisse débuter des chevaux ou faire leur rentrée en compétition », explique Alexis Larue. Salarié depuis 13 ans chez Jean-Pierre Gauvin, c’est sans rancœur ni rancune, qu’il accepte sa situation de jockey de l’ombre.

« Je préfère que mes chevaux fassent de bons résultats même sans moi », consent-il avec fair-play. Une qualité parfois rare dans un monde de compétition.

 

Siljan’s Saga, l’électrique

Lorsque Siljan’s Saga s’élance en compétition, bien souvent c’est à distance qu’il la regarde. « Mais j’ai presque autant de stress en la voyant que si j’étais dessus. J’ai le cœur à 200 ! », avoue-t-il avec un enthousiasme non dissimulé.

L’une des qualités de Alexis Larue, c’est pourtant son calme. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a plus de deux ans, il a croisé la route de Siljan’s Saga. Son caractère électrique devait être maîtrisé. « Elle est spéciale. Très impatiente, elle n’apprécie pas le moindre arrêt, il faut toujours qu’elle soit en action », rapporte amusé son cavalier. Il poursuit « s’il y a un événement extérieur qui vient la perturber, elle se met à tourner en rond, à stresser. En-dehors de ça, elle est très gentille et vraiment adorable. Je trouve d’ailleurs qu’avec le temps elle s’est assagie et se montre plus détendue ».

Elle devait participer au Grand Prix de Saint-Cloud mais son entraîneur Jean-Pierre Gauvin a finalement décidé de ne pas la laisser engager car le terrain ne s’annonçait pas à sa convenance. « Elle apprécie plutôt le terrain lourd » confirme son cavalier d’entraînement. Mais en cette période de l’année, il faut composer avec des terrains plus légers. Le grand prix de Vichy lui tendait les bras mais en raison d’une épidémie dans l’écurie Gauvin, son entraîneur a préféré la déclarer non-partante. Pourtant l’hippodrome de l’Allier n’était pas un territoire inconnu pour Siljan’s Saga. « Elle a débuté là-bas en août 2012 puis elle a triomphé en juillet 2013 dans une listed », se rappelle son lad.

 

Compagnon d’un jour

Alexis Larue a eu l’occasion de la monter en course, une seule fois. « C’était à Lyon, pour sa rentrée en 2013, elle venait de passer quelque temps au haras pour se reposer, elle avait été malade.

J’ai senti le moteur qu’elle avait malgré cette course sage de rentrée », se rappelle-t-il. Même si Siljan’s Saga monte les échelons sans lui, Alexis Larue se réjouit de la chance de pouvoir monter des chevaux de cette trempe. Lui, qui n’était pas issu du monde des courses « n’aurait jamais cru en arriver là un jour ».

Un ami de ses parents, maréchal-ferrant, lui indique la présence d’une écurie au milieu de la campagne lyonnaise, chez un certain Jean-Pierre Gauvin. « J’y suis allé pour un stage découverte de 3 jours en 3ème, puis je suis revenu et j’ai fait mon apprentissage chez lui ».

Alexis Larue compte un peu plus de 70 victoires dans sa carrière. Une carrière qui lui convient. « Je suis très satisfait de la vie que je mène, j’aurais peut-être dû aller à Paris pour percer, mais je ne suis pas aventurier et je suis bien ici ».

Un environnement qui convenait également à un certain Saônois, vainqueur du prix du Jockey Club en 2012. Et devinez qui était son cavalier d’entraînement ? Alexis.

« J’ai l’habitude des chevaux délicats car j’ai un tempérament calme. ». Siljans’ Saga et Saônois sont incomparables, elle, est grande et élancée, lui, est petit et trapu. Il se met vite en jambe, elle a besoin d’action. Leur seul point commun c’est d’avoir procuré à leur cavalier d’entraînement une grande satisfaction du travail accompli. Siljan’s Saga peut encore faire durer le plaisir en attendant sa participation dans le prix de l’Arc de Triomphe 2015. Son objectif de l’année.

 

Source : coursesepiques.com - Marion Dubois