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Anthony RENARD | 21/04/2015

"J'aborde le métier différemment"

Anthony Renard était associé à Rigolo Tiger  dimanche dernier à Auteuil, dans le prix Roger Duchêne qui est réservé aux jeunes jockeys. C’était l’occasion d’aller à sa rencontre…

Vous serez au départ de cette belle course pour les jeunes professionnels, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est une course comme une autre pour moi. Je vais monter du mieux possible car je sais que ce sera sûrement ma dernière chance de monter ce prix. Il me reste 12 victoires pour passer professionnel en obstacle, j’espère que l’an prochain je n’aurais pas le droit de la monter…

Racontez-nous votre parcours. Comment avez-vous découvert le milieu des courses ?

J’ai commencé dans un centre équestre à Pau où je montais régulièrement en concours hippique la ponette de la fille de François Rohaut. Comme cela se passait bien, François Rohaut m’a alors parlé de l’Afasec et du métier de jockey.

Vous avez donc suivi le parcours classique ?

En effet, je suis rentré à l’Afasec de Mont-de-Marsan à 14 ans , où j’ai suivi toute ma scolarité jusqu’au Capa. J’avais donc comme maître d’apprentissage François Rohaut. Je crois qu’au début ce n’était pas prévu mais finalement je me suis retrouvé dans son écurie.

Vous avez donc commencé par une carrière en plat ?

Oui je suis resté cinq ans chez lui dont un an en tant que jockey. J’ai remporté sept courses en plat mais je me rendais bien compte que j’étais trop lourd pour cette discipline.

Comment avez-vous changé de discipline ?

Lors d’un meeting de Pau, je suis allé à la rencontre de Guy Cherel pour lui demander de m’embaucher. Les sensations des courses en plat m’avaient toujours plu mais c’était avant de découvrir celles de l’obstacle !

Comment se sont déroulés vos premiers pas en obstacle ?

Très bien puisque j’ai remporté ma première course lors de ma première monte en steeple à Auteuil. Puis très vite, j’ai souhaité que ma carrière évolue plus vite. Je trouvais que je ne progressais pas assez rapidement. Je voulais être plus haut dans la hiérarchie de l’écurie mais à ce moment là, il y avait encore Cyrille Gombeau, Bertrand Thélier et Mathieu Delage. Ce n’était pas évident de faire sa place.

Vous avez ensuite décidé de mettre le cap sur Royan, n’est-ce pas ?

Oui, dans une période de fatigue, après être resté près de 3 ans chez Guy Cherel, j’ai eu envie de voir d’autres horizons. C’était une bonne période où j’ai beaucoup appris notamment pour préparer les chevaux le matin. Le rythme est tellement soutenu et les travaux des chevaux variés que l’on ne peut que progresser chez Guy Cherel. Je suis donc arrivé en septembre 2013, chez François Nicolle.

Pourquoi avoir choisi cet entraîneur ?

Je souhaitais dans un premier temps entrer au service de Guillaume Macaire mais ils n’avaient pas de place à l’époque pour moi. François Nicolle m’a alors ouvert ses portes et j’ai découvert une nouvelle façon d’entraîner.

Vous êtes resté moins d’un an. Comment s’est passée cette période ?

Disons que j’ai mal monté certains chevaux au moment où il fallait bien monter. Puis Nathalie Desoutter, Jacques Ricou ont commencé à venir monter régulièrement, il y avait aussi Benoît Gicquel qui faisait partie de l’écurie. Encore une fois, je ne trouvais pas ma place.

Aujourd’hui vous êtes le jockey maison de Donatien Sourdeau de Beauregard. Avez-vous trouvé votre place ?

Je suis arrivé chez lui en juillet 2014 où il entraîne sur une piste privée près d’Angers (49). Même si aujourd’hui je monte plus souvent en province qu’à Paris, disons que je préfère être 1er ou 2ème ici que 8 et 9ème à Paris. J’aborde le métier différemment. C’est aussi la première fois pour moi que je travaille dans une petite structure où on prend le temps avec chaque cheval de faire du cas par cas.

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter pour les années à venir ?

Perdre ma décharge et continuer ma collaboration avec Donatien Sourdeau de Beauregard.

 

Source : coursesepiques.com - Propos recueillis par Marion Dubois