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Aurélien LEMAITRE | 04/08/2011

Progresser !

A 22 ans, il a encore réalisé un joli coup de deux, la semaine passée à Vichy. Quinze victoires, cette année, bien qu’ayant perdu sa décharge en 2010. Il travaille au sein d’une grande écurie, celle de Freddy Head, mais il est bien conscient qu’il n’y obtiendra pas les « premières montes » de sitôt. Rencontre avec Aurélien Lemaître…

Des parents dans le milieu ?

Non, mais oui, quand même. Mon père est chauffeur de poids lourds, mais il a toujours aimé les chevaux. Nous habitions dans l’Oise, à Compiègne, et il en a acheté un, puis deux,, pour la promenade. Du coup, tout petit, je me suis retrouvé en selle, avec plaisir, et la suite a été évidente…

C'est-à-dire ?

J’ai fait beaucoup de concours hippique, avec des résultats, d’ailleurs, mais le concours par lui-même ne me passionnait pas plus que cela. Ce qui m’intéressait, c’était de monter, de sauter, et l’animal en tant que tel. J’ai compris où était ma place. Dans une écurie. Je suis entré au Moulin-à-Vent, l’école AFASEC de Gouvieux, à 14 ans, et j’ai eu Freddy Head pour maître d’apprentissage.

Une chance ?

Oui. D’ailleurs, je travaille toujours pour lui.

Vous a-t-il rapidement fait confiance ?

Oui. J’ai débuté en compétition à 16 ans, comme le veut le règlement. Evidemment, je ne suis pas associé aux champions de la « maison », mais c’est normal, j’ai encore tout à prouver.

Comment s’est passé cette arrivée chez les « pros », l’an dernier ?

Bien. On le sait, c’est toujours un cap difficile, mais je n’ai jamais eu peur de perdre ma décharge, je me suis toujours dit qu’il fallait foncer, voire « forcer ». 

Respecté, dans le peloton ?

Il faut se faire respecter. C’est à vous de vous imposer. Ce n’est pas toujours facile, mais je n’ai pas rencontré de problèmes majeurs.

Sinon ?

On se demande tout de même si l’on va être toujours autant sollicité, mais mon agent a bien travaillé.

Quel agent ?

Christophe Blanchard, celui de Thierry Jarnet, Flavien Prat et Sylvain Ruis.

Un agent est-il vraiment indispensable ?

De nos jours, oui, à moins de s’appeler Olivier Peslier, et encore, il en a un.

Pourquoi ?

Nous sommes sans arrêt sur les routes, dans le train ou dans un avion, avec les réunions décentralisées, et nous n’avons pas le temps de gérer les montes. Les agents se démènent pour nous en trouver, et ils nous font durer.

Vous êtes donc appelé par « l’extérieur »…

Oui. Le patron n’y voit pas d’inconvénients, à partir du moment où je ne suis pas retenu sur l’un de ses pensionnaires. Quelques professionnels commencent à faire assez régulièrement appel à moi.

Assez souvent, à votre goût ?

On ne monte jamais assez, bien sûr, mais je ne vais pas me plaindre.

Et les courses « classiques » ?

J’ai servi de leader, dans le Prix de Diane, et j’ai conclu deuxième du Prix Yacowlev 2010, avecKaterini, entraînée et appartenant à Freddy Head.

Vos ambitions ?

Progresser, « tomber » sur un bon cheval, être davantage dans l’action quotidiennement. Je sais ce que je veux, mais je sais aussi être patient.

Un modèle ?

Olivier Peslier, comment y échapper ? Non seulement il est le meilleur, mais il est d’une gentillesse, et d’une simplicité, extraordinaires.

D’autres passions ?

La moto. Je me rends fréquemment en forêt, faire du cross, avec quelques copains. Mais je n’ai pas encore eu le temps de passer le permis, pour la ville.

Des amis du milieu hippique ?

Non, pas forcément. Il faut un peu se « changer la tête », parler d’autre chose. J’aime bien les bons restaurants, aussi, d’autant que je n’ai pas de soucis avec le poids pour m’engager à 51,5 kilos.

Une vie privée, vous qui n’êtes que très rarement chez vous ?

Oui, avec Laura.

Elle comprend, et admet, votre emploi du temps ?

Oui. Elle est…. premier garçon, chez Freddy Head.